Prendre soin de soi pour prendre soin des autres
- Ruth Manou

- 22 avr. 2023
- 2 min de lecture
"En cas de dépressurisation de la cabine, un masque à oxygène tombera automatiquement. Veuillez placer le masque sur votre bouche et votre nez avant d'aider les autres"
J’ai à nouveau entendu cette phrase dans l’avion ce week-end et elle m’a encore paru contre intuitive.
Parce que spontanément, j'aurais tendance à m'occuper des autres en premier.
En particulier si je les perçois comme plus "faibles", moins bien lotis ou moins capables que moi. Et plus encore s'il s'agit de mes enfants.
Ca n'a aucun sens quand on y pense d'un point de vue logique...
Parce que regarde... Ils ont leur masque mais plus aucun adulte pour s'occuper d'eux parce que toi, tu es en train d'étouffer à côté.
Mais souvent, quand ça n'a pas de sens "logique", la réponse est à chercher dans la programmation subconsciente - dans les croyances profondément ancrées.
C'est vrai pour mes clientes et c'est vrai pour moi.
Et dans ma programmation initiale, il y a :
Une petite fille qui a vu sa mère se plier en 4 pour ses enfants, se faisant passer en dernier pourvu que nous, ça aille...
Une jeune fille qui a toujours entendu le plus grand bien des mères qui se sacrifiaient pour leurs enfants.
Et la femme que je suis aujourd'hui qui s'entend souvent dire que c'est égoïste de prendre soin de soi ou de s'écouter. Ou encore, que demander de l'aide pour faire face à ses difficultés, c'est faire preuve de faiblesse.
Alors forcément, ça résiste encore parfois, quand je fais de la place pour mes envies, mes passions et mes ambitions... A côté de la place qu'occupe mes enfants.

Et cette résistance prend la forme d'une petite voix qui chuchote...
"Mais quel genre de mère es-tu pour te consacrer autant de temps?"
"Quel genre de mère es-tu pour te lancer dans l'entreprenariat alors que tes enfants sont si petits?"
"Quel genre de mère es-tu pour ne pas leur consacrer chaque minute de ton temps quand ils sont à la maison?"
Cette petite voix, j'ai beau l'accueillir avec compassion car je comprends d'où elle vient, je ne manque pas pour autant de lui répondre avec fermeté, en lui disant:
"Je suis le genre de mère qui met son masque à oxygène en premier"
"Je suis le genre de mère qui se consacre "autant de temps" pour mieux se connaitre, réguler ses propres émotions et accueillir d'autant mieux les leurs"
Et "je suis le genre de mère qui poursuit ses passions et ses ambitions en espérant que d'autres mères et d'autres femmes se sentent inspirées à faire de même"
A force d'avoir cette conversation, la petite voix perd du terrain parce qu'elle intègre petit à petit que c'est la meilleure configuration pour que je sorte gagnante de cette équation ET que c'est aussi la meilleure configuration pour que le collectif gagne.
Celle où tout le monde a son masque bien en place, prend soin de soi et peut d'autant mieux prendre soin des autres.
Qu'en penses-tu ?




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